25 juin 2009

Quelles attentes ont les jeunes par rapport a l'entreprise? (mais est-ce la bonne question?)


Vincent a releve la meme etude Cegos que moi, mais dans un media different (au passage, cela illustre bien le peu de contenu et valeur ajoute par le "mainstream media" qui se contente trop souvent de repiquer des communiques de presses).

Voici l'article que Vincent a vu dans 20Minutes (personne n'est parfait):Les DRH passent à côte des motivations des jeunes salariés
Mais celui que j'ai vu dans Challenges n'ajoutait pas grand chose: Le salaire, préoccupation numéro 1 des 20/30 ans

Voici ce que Vincent en pense dans son post intitule Les DRH passent à côté des motivations des jeunes salariés:
Selon une étude de Cegos, les jeunes (entre 20 et 30 ans) cherchent avant tout du concret lors du choix d'un emploi : de l'argent et une perspective de carrière. Voilà des motivations saines et somme toute rationnelles.

Et les RH dans tout cela ? Quels sont selon eux les principaux critère de choix des jeunes candidats ? La notoriété de l'entreprise et l'attractivité du poste, c'est à dire du virtuel. En gros, selon eux les candidats sont prêts à accepter n'importe quoi du moment que l'entreprise soit prestigieuse et le poste ronflant. On l'entend souvent d'ailleurs cette rengaine "vous devez être fiers de travailler au sein de notre entreprise". Ca à le mérite de ne pas coûter cher mais ça revient à payer les salariés en monnaie de singe.

20Minutes reprend les citations de Cegos (elles viennent d'ordinaire toutes pretes a l'emploi dans le dossier de presse):
Ces jeunes, qui ont vu leurs parents se surinvestir dans le travail sans être forcément payés en retour, conçoivent leur emploi de manière moins affective », commente Annick Cohen, consultante chez Cegos. « Le travail est un moyen pour eux, non une finalité », renchérit Jacques Coquerel, président du groupe Cegos. Conséquence : les jeunes développent une approche pragmatique et plus distancée que leurs aînés à l'égard de leur job et se montrent plus exigeants qu'eux sur leurs conditions de travail. Pour preuve : 62 % des 1 000 jeunes salariés interrogés placent le niveau de rémunération globale, les évolutions salariales (35 %) et les opportunités de carrière (27 %) qui leur sont proposés au premier rang de leurs priorités. De leur côté, les DRH pensent que l'image et la notoriété de l'entreprise, suivies par l'attractivité du poste sont les principaux leviers pour attirer ces jeunes. Ce décalage entre les attentes des jeunes et la politique de ressources humaines ne risque pas franchement de s'arranger.

Cegos est bien politiquement correct...

Comme je l'ecrit dans ce post "Je vis dans un film d'horreur: Baby Boomer Vampires!", les trentenaires ont "toujours connu le chomage de masse" et après deux décennies qui ont vu les employeurs traitent leurs employés de plus en plus comme des kleenex,
Les cadres ont le blues : quoi d’étonnant que le statut de mercenaire soit stressant? Ajoutons que nous sommes la premiere generation dont les enfants vivront moins longtemps que leur parents, que l'on se sente a l'oree d'un monde dont le centre de gravite est quelquepart dans le Pacifique et enfin que nos aieux nous laissent dette qui explose, environement degrade (c'est une litote) a l'heure ou eux partent a la retraite.

Merci les vieux...

Quelles solutions? A ceux qui proposent une renovation du du dialogue social, et si possible intergénérationnel, je repond que ce ne sont que des mots creux.

Ce que les jeunes veulentt c'est etre pris au serieux, avoir des responsabilites rapidement au lieu d'etre micro-manages par les anciens, ne pas etre dans une case appellee "diplome" jusqu'a la fin de sa carriere, pouvoir changer souvent de job ou role.

Et du fun: tant qu'a bosser jusqu'a 70 balais pour payer les retraites des vieux, autant s'eclater avec les collegues, non?

Je suis cependant pessimiste: encore faudrait-il encore que l'entreprise y ait interet: pour l'instant pour les entreprises cela veut dire que le rapport de forces demographique est en leur faveur. Ajoutes y la pression des marches financiers et actionaires pour maximiser l'EPS (earnings per share), et on vois vite comment le partage de la VA se fait. D'ou le salarie kleenex et le developmement des attitudes mercenaires. En france, il faut ajouter l'apauvrissement cause par les 35 heures, avec les blocages de salaires que cela a induit -d'ou le mecontentement autour du pouvoir d'achat: la france cree moins de richesse, c'est triste.

Je pensais que ca changerai avec la sortie du marche du travail des baby boomers mais c'est maintenant tempere par les delocalisations, offshore et near-shore. On verra ds qqs annees si les rapports sociaux evoluent...

PS: au passage, Cegos a loupe le passage au Web 2.0, cette page par exemple n'a que les communique de presse 2008. Bouh!



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3 commentaires:

Olivier a dit…

Je pense que les donnees demographique ont peu de valeurs de nos jours sur le nombre de chomeurs, tout simplement parceque les entreprises ont interet a maintenir du chomage, justement pour pouvoir continuer ce chantage a l emploi: le classique "si ce n est pas vous, ce sera un autre, qui acceptera lui un salaire minable ..."

Ensuite, la mentalite de RH qui tu releve dans l article cite est un exemple de mauvaise foie. Evidement, le RH se doutent bien que les gens ne "rentrent" pas dans une boite pour l image que renvoie cette entreprise.
Et c est d ailleurs les politiques directionelles - la fin de ce qu on peut appeler le paternalisme (et je comprends que c est un terme obsolete mais j ai rien trouve de mieux) - qui a entraine un changement de comportement des employes.

De nos jours, les gens savent tres bien qu ils peuvent etre renvoye d un jour a l autre, et donc developpent cet esprit mercenaire.


Ce que je remarque aussi, tu l as dis mais pas developpe, c est que les entreprises semblent reprocher aux "jeunes" leur propre agissements!
En gros: y a plus de jeunesse, tout ce qui les interessent c est l argent!
Ben oui, comme n importe quel board (cf EPS).


Sur ce ... bises et amities a vous 4 ;)

Ludovic Windsor a dit…

Quand tu dis "les entreprises ont interete a maintenir un taux de chomage eleve".

Peut etre est-ce leur interet en effet, mais cette rhetorique marxisante ignore que le marche du travail n'est somme toutes qu'un marche. Imparfait au sens economique mais tout de meme gouverne par les lois de l'offre et de la demande.

Aubry l'a decouvert avec la faillite des 35 heures: on ne peut pas compenser artificiellement un desequilibre en rationnant la quantite de travaille disponibe a un acteur individuel.

En bref, je ne crois pas a un effort concerte du Kapital pour maintenir un volant incompressible de chomeurs servant de chair a saucisses aux usines du tertiaire.

Je pense plutot qu'a trop reglementer, on cree des rentes de situation et qu'on diminue la mobilite. La preuve en est la moderation salariale dans les secteurs qui souffrent d'une penurie de main d'oeuvre.

Vincent a dit…

C'est surtout la bêtise confondante des RH qui est en cause. En France, les entreprises veulent du top qualité, surdiplômé, qui ne se plaint pas pour peanuts. Ils ont du mal à trouver, c'est certain.

A l'étranger, c'est simple, quand on veut avoir des employés de qualité et motivés, on paie. Point barre. Ici, on ne paie pas, on récupère donc des mecs démotivés et de moins bonne qualité.

Cette étude a au moins le mérite de montrer ça. Les entreprises françaises sont encore paternalistes dans l'âme et n'arrivent pas à comprendre qu'il existe un marché du travail et qu'attirer des talents ce n'est pas aussi simple que cela.